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PROFIL DE MOMAR MBAYE

Auteur de "La Sénégauloise à Matignon" (Edilivre, Avril 2008), Momar Mbaye est né en 1977, à Thiès (Sénégal). Il fréquente l’école primaire Germaine Le Goff de Thiès où son père était enseignant, puis le Collège Annexe Malick Sy de Thiès jusqu’en 1995 avant d’arriver au lycée Malick Sy et obtient son baccalauréat série L’1 en 1998. Après avoir obtenu un DEUG de sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal et une licence d’anglais, il arrive en France en 2002. L’auteur vit actuellement à Mulhouse, où il obtient un Master 2 d’anglais en 2006 et prépare une licence Sciences de l’Éducation à l’université de Haute Alsace. Son second roman, Les miettes de l’occident, est en cours, ainsi qu’une pièce de théâtre sur les trois grandes religions révélées.
Ce qui m’a poussé à écrire : Depuis le collège, je lis tout ce qui me tombe sous la main. Cette passion pour la littérature, je l’ai héritée de mon père, puis de ma grande sœur Dické Mbaye qui ramenait toute sorte de livre à la maison. Je lisais même la littérature interdite aux adolescents, pourvu que ce soit un livre. Déjà au collège, mon professeur de français, M. Pierre Diaw, n’arrêtait pas de me répéter : « Momar, vous avez un style qui me plait, et quand je vous lis, j’ai l’impression de lire Camara Laye. » Evidemment, l’Enfant Noir de Camara Laye était mon livre de chevet, je le lisais, le relisais, au point de le copier dans mes rédactions, ce qui amusait mon prof de français. Je suis un passionné de littérature grecque et romaine, tout ce qui est relatif à la mythologie : ‘L’Iliade et L’Odyssée de Homère . Je tire une grande partie de mon inspiration de L’Etranger d’Albert Camus qui sur l’absurdité de la vie et l’hypocrisie sociale. En dehors de la passion pour la lecture et l’écriture, je pense que l’art doit refléter un certain engagement. Aujourd’hui, l’artiste, le peintre ou l’écrivain ne peut rester insensible au monde dans lequel il évolue. Il est le porte-voix des sans voix, celui dont la portée de l’œuvre interpelle à tous les niveaux, y compris au niveau politique. C’est l’une des raisons pour lesquelles la politique est omniprésente dans mon écriture, sans oublier les questions d’ordre sociologique. Je prépare également une pièce de théâtre sur la religion, intitulée « Audience divine : Jésus et Mohamed, à l’assaut du pouvoir d’achat ».

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    Il n’est pas politiquement correct, même s’il nous vient l’envie de féliciter des mutins, d’applaudir suite à un coup d’Etat, comme l’a fait il y a quelques semaines, un président africain démocratiquement élu. Pour parler de coup d’Etat, ce qui vient de se passer au Niger n’en est pas un.

    Ce fut récemment le cas d’autres pays sub-sahariens, où les putschs se suivent et se ressemblent ; ils sont devenus une tradition, et ce n’est pas les insulter que de dire que c’est leur façon, à eux, de transmettre le pouvoir. Dorénavant, il convient d’appeler les choses par leur nom, sans langue de bois, parce que certains pays africains comme le Niger, ont, sembe-t-il, fait le choix d’accéder et de ne transmettre le pouvoir que par la voie des armes, qu’ils préfèrent entendre crépiter à la place des urnes. Avant-hier c’était la Guinée, hier la Côte d’Ivoire, jadis la Mauritanie et aujourd’hui le Niger, qui vient de renouer avec ces habitudes qui n’honorent pas l’Afrique. Ce énième coup de force renforce l’idée selon laquelle le continent n’est pas fait et n’est pas prêt pour la démocratie. Je dirais plutôt que certains pays africains refusent la démocratie. Il ne faut pas leur en vouloir de préférer « la démocratie des barbares », qui fait de chaque militaire un putschiste potentiel, se croyant investi d’une mission divine. Le syndrome « Dadis », suspendu comme une épée de Damoclès sur la tête des Etats africains, a de beaux jours devant lui. Même si mille et une raisons justifient le départ de Tandja, il n’en demeure pas moins que l’option prise par les militaires jette le discrédit et porte atteinte à l’image de l’Afrique tout entière. Il y a dix ans, Abdoulaye Wade, nouvellement élu à la présidence du Sénégal, annonçait à la face du monde, que l’ère de la prise du pouvoir par les armes était révolue, que plus jamais les constitutions africaines ne feraient l’objet de tripatouillage. Il parlait à l’envers, bien entendu. Lui-même a été le premier à torturer à plusieurs reprises la constitution de son pays, qu’il avait fait approuver à plus de 90% en janvier 2001. Tanja, qui est allé trop loin, n’a fait que lui emboîter le pas, le 9 août 2009, lorsqu’il modifia la constitution nigérienne pour prolonger son mandat. C’est le même Abdoulaye Wade, qui, pour on ne sait quelles raisons, éprouve de la sympathie pour des militaires qui ont usé de la force pour renverser un chef d’Etat. Dans les jours à venir, le président sénégalais-et médiateur au Niger- ne manquerait pas de saluer la témérité et le « courage » de l’armée nigérienne et de trouver un crédit aux mutins, qui, au nom de la « démocratie des barbares », ont renversé un régime. C’est relater une lapalissade que de dire que Tandja n’était plus légitime : il jouait le rôle de président du Niger depuis le 22 décembre 2009. Idem pour le président Laurent Gbagbo, qui continue de jouer au chat et à la souris avec les électeurs ivoiriens, qui, décidément n’y voient plus rien, quant à la tenue d’élections éventuelles. Pour lui, tous les prétextes sont bons pour justifier le report des échéances électorales, dans le seul but de se soustraire au véto de ses compatriotes. Arrivé au pouvoir en octobre 2000 par un accident de l’histoire, Gbagbo, avec la complicité de l’Occident, brandit à tort et à travers l’argument de la stabilité politique, de la réconciliation et de la cohésion nationale, quitte à accepter de partager le pouvoir avec des rebelles. Sa seule préoccupation demeure son maintien au pouvoir, quel qu’en soit le prix. Faudrait-il que l’armée ivoirienne entre dans la danse, pour que Gbagbo se décide enfin à organiser des élections ? En tout état de cause, le renversement du régime de Niamey ne manquera pas de lui ouvrir les yeux. Au rythme où évoluent les choses, ce qui a conduit à la fin du « miracle ivoirien » lorgne du côté  de « l’exception sénégalaise », une réalité à préserver, et qui est en train de succomber petit à petit à la « démocratie des barbares », dont la manie consiste à accéder ou à se maintenir au pouvoir, soit par les armes, soit par le tripatouillage constitutionnel excessif. Bye-bye Tandja et bon débarras !

    Momar Mbaye

    mbayemomar@yahoo.fr

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